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La Fondation Muna a accueilli le 5 décembre dernier, la cérémonie d’ouverture officielle du festival international de poésie des sept collines de Yaoundé (Festi7). Le moment est ainsi donné aux poètes africains d’axer leurs réflexions sur la tradiporanéité de leurs œuvres.
C’est sous la pluie du verbe des poètes africains que s’est ouverte solennellement la 3ème édition du festival international de poésie des sept collines de Yaoundé (Festi7). Elle se tient du 5 au 8 décembre 2024 à Yaoundé et Ombessa. L’évènement se veut rassembleur et intégrateur. Pour ce faire, plusieurs pays ont honoré à ce rendez-vous à l’instar du Sénégal l’invité d’honneur, le Togo, Tchad, le Benin, et Luanda, le Gabon. L’ossature de cette nouvelle édition repose sur le thème : « Pour une démarche tradiporaine de la création artistique ».
Selon Jean Claude Awono, le choix de cette thématique n’est pas fortuit. « Il s’agit pour les poètes de regarder et d’exprimer les fondements traditionnels du monde actuel. Il s’agit un peu de la vive querelle entre l’ancien et l’actuel, ces deux versants essentiels qui, pour nous doivent se compléter mais qui en viennent à se regarder en chien de faïence». « La poésie, celle que nous encourageons et recommandons ne peut s’écrire sans une prise conscience claire des enjeux inhérents à ces deux versants de notre expérience à la fois créative et existentielle.
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Les pères fondateurs du mouvement poétique à l’échelle du continent africain et du Cameroun n’ont eu de cesse de voir en la poésie le lieu où ces deux versants travaillent à s’équilibrer et à équilibrer le monde », poursuit le président du Festi 7.Pour plus de lumière sur le thème Simon Etsil, président d’honneur renchérit : « la tradiporanéité est l’expression culturelle c’est-à-dire le brassage des traditions et culturel, toute expression culturelle par le monde est tradiporaine, mélange de modernité, de tradition, de contemporanéité, autrement dit du passé , du présent, d’ici, et d’ailleurs, toute la culture est fondamentalement métisse ».La 3ème édition du Festi7est considérée par Simon Etsil, le président d’honneur comme une « renaissance »,vue la longue période d’hibernation des activités depuis 2012.
L’évènement en soi-même marque la vigueur de la culture camerounaise. « La culture à la vérité est le nœud d’expression de la personnalité des peuples ,la poésie est tout à la racine de la culture de chaque peuple comme expression de l’art, l’art oral, l’art écrit et le Cameroun Afrique en miniature a de façon immanente et substantielle cette richesse culturelle qui s’exprime à travers la vigueur de sa poésie comme l’a reconnu notre hôte, le poètesénégalais Abdoulaye Fodé Ndione» explique le président d’honneur, ému de la tenue de la cérémonie.
Objectifs
Le Cameroun est une terre des poètes, nombreux sont ceux qui nous ont devancés. A travers cet évènement l’objectif est de repositionner la poésie, en particulier la littérature camerounaise sur l’échelle de la culture et même sur le marché culturel. Il est très important que « la pratique poétique, qui est une pratique consubstantielle à la race humaine, qui a été menée de haute lutte par nos devanciers issus du courant de la négritude, et ceux de la renaissance de Harlem aux Etats-Unis, il est bon que les continuateurs rompus, passionnées, engagés, continuent à faire de la poésie le lieu où l’on redéfinit notre rapport à nous et au monde », conclut et se satisfait Jean Claude Awono, président du Festival des international des sept collines de Yaoundé (Festi7).
Olivier Mbessité
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