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Cosmétiques au romarin

Nécrologie : Koko Ateba, la voix envoûtante des années 80 désormais bien au royaume des cieux.

Comme une traînée de poudre, la nouvelle de la disparition de l'artiste Koko Ateba en France, survenu le vendredi 13 décembre 2024, des suites de courte maladie, s'est aussitôt rependu à travers le monde. Entre tristesse et célébration, chaque amoureux des grands classiques de la musique Camerounaise et africaine revisite l'héritage artistique que laisse l'auteur du tube à succès « je suis bien ici », un sourire de femme désormais à l'imparfait.

 

Parti de Zoétélé, sa terre natale pour tutoyer les cimes de l'art musical, Koko Ateba finira par écrire son nom en lettre d'or dans le panthéon culturel camerounais et mondial. Elle marquera les esprits de nombreux mélomanes et adeptes de la musique, comme chanteuse et guitariste, auteur-compositeur de plusieurs titres à succès qui traverseront les frontières Camerounaises. Sa voix restera surtout gravé en France via le générique de l'émission culte et éponyme Frou-frou, animée par Christine Bravo sur France 2, au début des années 90, qu'elle avait repris l'interprétation sous la proposition du producteur Jean Pierre Castellin. Un classique français autrefois interprété par Line Renaud et Suzy Delair.

Un autre tournant de sa carrière artistique qui l'a élevé au rang de figures emblématiques, à la suite d'une mésaventure vécue dans son Cameroun natal en 1988 au palais présidentiel, lors de sa  prestation sur le titre Atemengue traitant de l'infertilité féminine. Ce moment d'expression artistique lui a valu une accusation à tort d'avoir voulu se moquer de la Première dame de regrettée mémoire, Jeanne-Irène Biya, contre toute attente elle se retrouvera en prison,  et  après sa sortie derrière les barreaux deux mois plus tard,  elle ira en exil forcé au Gabon, c'est de là que les portes de la France s'ouvriront à elle. Malgré tout Koko Ateba recevra des excuses officieuses du Président de la République du Cameroun après ses deux mois de détention mais la triste expérience  l'éprouvera à j'aimais. Elle s'installera définitivement en France où elle vivra plus de 3 décennies.

 

Son départ vers l'au-delà le 13 décembre 2024 à l'hôpital Foch à Suresnes en France, laisse un grand vide dans la famille artistique. Selon le bâtonnier Akéré Muna, Flavienne Ateba, affectueusement appelé Koko Ateba a courageusement lutté pendant plus d'un an avec le cancer, et son dernier soupir à l'hôpital n'a été qu'un court séjour.

Koko Ateba marquera ses débuts à Yaoundé au Philanthrope Club où elle interprétera les plus grands standards (Jazz, rock, etc.), très brillante dans sa prestance, elle entrera en contact avec Ambroise Voundi, un ingénieur du son bien connu du domaine et musicien de Sade Gide, qui va professionnaliser son art. Les rues de Douala connaissent aussi les paumes de pieds de l'artiste, qui aura connu comme premiers mentors Henri Njoh et Elvis Kemayo, faisant d'elle une voix électrique et une artiste complète.

Les premiers fruits de son rayonnement s'arracheront en 1982 par l'interprétation de la musique du film "l'amour des femmes"  du réalisateur suisse Michel Soutter, composée par Patrick Juvet.  Son jardin vocale va la positionner sur la scène nationale suite à la sortie de son album  « Talk Talk » en 1986, composé  des titres comme « Yomeyel Ayop », « Nelson Mandela » ou  « Taxi », « je suis bien ici » dans un style épuré des duos piano/voix et sax/voix, faisant jaillir des étincelles,  provoquant des frissons et laissant échapper des émotions de vie. Mais le répertoire demeure riche et varié.

 

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Depuis l'annonce de son décès plusieurs témoignages envahissent la toile, et l'un des plus  captivant, vantant les mérites de Koko Ateba au-delà de sa voix, est celui du bâtonnier Akéré Muna, « Koko Ateba était principalement connue pour sa maîtrise de la guitare acoustique, qu'elle utilisait pour accompagner sa voix distinctive et captivante. Sa musique mettait souvent en avant cet instrument, lui permettant de créer un son chaleureux et intime qui complétait ses thèmes lyriques. Bien que la guitare acoustique soit centrale dans sa musique, ses chansons incluaient parfois d'autres instruments traditionnels et contemporains pour enrichir le son et transmettre ses messages de manière efficace.


J'ai eu le privilège de connaître Koko Ateba pendant plus de 40 ans, et nous sommes restés de bons amis tout au long de cette période. Ses convictions politiques et sociales profondes étaient rares et inspirantes. À travers sa musique, elle chantait l'amour, l'unité, l'amitié et la solidarité. Elle plaidait avec passion pour un dialogue authentique comme solution aux crises dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun.

Koko Ateba nous manquera profondément, mais sa voix douce et les mélodies apaisantes de sa guitare garantissent que son héritage perdurera, témoignage d'Akéré Muna sur son mur Facebook. Comme pour dire, que Koko Ateba de son profil d'artiste était adossé l'amour de la patrie. Koko Ateba, à toi les fleurs et à tes fans les pleurs et une célébration éternelle de ton héritage.

 

Bertin BIDJA.

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