Rapatriement des réfugiés centrafricains
- Alain Leuwat
- il y a 2 jours
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C’est relancé avec une vague de 523
Suspendue depuis plusieurs mois, l’opération de rapatriement volontaire a repris 26 mars 2025 sous la supervision du ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji.

Ce 26 mars 2025, le camp de Gado-Badzere, situé près de Garoua-Boulaï, dans la région de l’Est, a été le théâtre d’un mouvement particulier. Plus de 500 réfugiés centrafricains ont quitté le Cameroun pour retrouver leur pays, la République Centrafricaine (RCA). Encadrée par les autorités camerounaises et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), cette opération de rapatriement volontaire marque la reprise d’un processus suspendu depuis plusieurs mois.
Présent sur les lieux, le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a souligné que cette démarche s’inscrit dans la politique du président Paul Biya, qui œuvre pour la stabilité régionale et le retour à une paix durable en RCA. Dans la délégation qui l’accompagnait,figuraient le gouverneur de la région de l’Est, Grégoire Mvongo, des autorités administratives et sécuritaires, ainsi que la représentante résidente du HCR, Yvette Muhimpundu.
Si le Cameroun a été une terre d’asile généreuse pour ces réfugiés depuis plus d’une décennie, beaucoup ont fait le choix du retour, motivés par plusieurs facteurs. Le premier est l’amélioration relative de la situation sécuritaire en RCA. Malgré la persistance de tensions sporadiques, certaines régions, notamment Berberati et Beloko, sont aujourd’hui plus stables, permettant à ces populations de re-envisager un avenir chez elles. A cela s’ajoute une volonté manifeste de reprendre une vie plus autonome.
Au Cameroun, bien que les camps offrent une certaine sécurité et une aide humanitaire, la dépendance aux assistances extérieures limite les projections sur l’avenir. « Nous voulons reconstruire nos maisons, cultiver nos champs et éduquer nos enfants chez nous », confie un père de famille avant d’embarquer à bord du convoi sécurisé vers la frontière.
Enfin, le cadre juridique signé en 2016 entre le Cameroun, la Centrafrique et le HCR garantit le caractère libre et volontaire du rapatriement. « Ceux qui ne se sentent pas encore prêts à partir conservent leur statut de réfugié et la protection des autorités camerounaises », rappelle le document. A ce jour, 255 réfugiés ont rejoint Beloko et 270 autres ont pris la direction de Berberati. Initialement, 600 personnes devaient être rapatriées, mais pour des raisons de santé et autres contraintes, une partie du groupe a vu son départ reporté sine die. Cette situation met en lumière la complexité du processus : si certains réfugiés sont prêts à partir, d’autres hésitent encore, par crainte d’un avenir incertain en RCA.
Pour l’instant, les autorités camerounaises et le HCR poursuivent leur travail d’accompagnement, s’assurant que chaque retour se fasse dans des conditions optimales. Le défi reste entier : garantir une réintégration durable aux réfugiés de retour en Centrafrique, tout en continuant à offrir protection et assistance à ceux qui choisissent encore de rester.
Alain Leuwat
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