Université : vers une réforme du système LMD en Afrique centrale
- Alain Leuwat
- 6 mars
- 3 min de lecture
Les participants de la 10ème conférence des recteurs des universités et des responsables des organismes de recherche de la sous-région ont adopté des résolutions visant à adapter le système Licence-Master-Doctorat (LMD) aux besoins spécifiques, afin de renforcer l’employabilité des diplômés et de répondre aux défis socio-économiques.

Réunis à Yaoundé les 4 et 5 mars 2025, les recteurs des universités et les responsables des organismes de recherche d’Afrique centrale ont consacré leur 10ème conférence à une réflexion profonde sur l’avenir du système Licence-Master-Doctorat (LMD) dans la sous-région. Face à un taux de chômage élevé chez les jeunes diplômés et à des économiesen quête de diversification, l’urgence d’une réforme adaptée aux réalités locales s’est imposée. Le thème central de cette rencontre, « Formation professionnelle et développement socio-économique en Afrique centrale : enjeux et défis pour l’intégration sous-régionale », a mis en exergue la nécessité d’une formation alignée sur les besoins du marché du travail. Les discussions ont permis de dégager plusieurs axes de réforme pour réinventer le système LMD.
Une révision des curricula pour répondre aux besoins du marché
En premier lieu, une révision des curricula s’avère essentielle. Il s’agit de les adapter aux spécificités économiques de la sous-région, en intégrant des compétences directement exploitables par les entreprises locales. Cette approche vise à réduire le décalage entre la formation académique et les exigences du marché de l’emploi. Par ailleurs, le renforcement des partenariats entre universités et secteurs industriels a été identifié comme une priorité. Ces collaborations permettraient une meilleure compréhension des besoins en compétences et favoriseraient l’insertion professionnelle des diplômés. Des programmes de stages et d’apprentissage en entreprise pourraient ainsi être développés pour offrir aux étudiants une expérience pratique précieuse.
L’entrepreneuriat et l’innovation au cœur de la réforme
L’introduction de filières axées sur l’entrepreneuriat et l’innovation a également été recommandée. En encourageant les étudiants à développer des projets innovants, les universités contribueraient à la création d’emplois et à la dynamisation du tissu économique local. Favoriser la mobilité académique pour une meilleure intégration sous-régionale
La mobilité académique au sein de la sous-région a été soulignée comme un facteur clé d’intégration et de partage des savoirs. Faciliter les échanges entre étudiants et enseignants des différents pays d’Afrique centrale renforcerait la cohésion régionale et l’enrichissement mutuel des pratiques pédagogiques. Enfin, une attention particulière doit être portée à l’évaluation continue du système LMD. La mise en place d’indicateurs de performance permettra de mesurer l’efficacité des réformes et d’ajuster les stratégies en fonction des résultats obtenus. Ces résolutions traduisent une volontécommune des acteurs de l’enseignement supérieur en Afrique centrale de transformer le système éducatif pour qu’il devienne un véritable levier de développement socio-économique. L’adaptation du système LMD aux réalités locales est perçue comme une condition sine qua non pour assurer l’employabilité des jeunes et répondre aux défis actuels de la sous-région.
La mise en œuvre effective de ces réformes nécessitera une collaboration étroite entre les gouvernements, les institutions académiques et le secteur privé. Seule une action concertée permettra de relever les défis auxquels est confrontée l’Afrique centrale en matière d’éducation et d’emploi. Cette la 10ème conférence des recteurs des universités et des responsables des organismes de recherche d’Afrique centrale a jeté les bases d’une transformation profonde du système LMD.
Alain Leuwat
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